Dimanche 8 juin 2008
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Les garçons des débuts difficiles :
Pour sa première saison (1968-1969), l’équipe senior évolue en championnat honneur Flandres et affronte au sein de sa poule des équipes comme
Calais, Bergues, Armentières ou Boulogne. L’équipe termine à la troisième place et accède à la division supérieure, l’excellence régionale, antichambre du niveau national. Les débuts sont
difficiles, notamment du point de vue physique. En outre, des problèmes d’effectifs obligent le club à aligner régulièrement les juniors en équipe première. Mais peu à peu, l’amalgame entre
jeunes et anciens se fait et le club se maintient au terme de la saison en finissant cinquième tout comme en 1970-1971 (8e), en 1971-1972 (4e) et en 1972-1973 (8e). Lors de l’assemblée générale
de 1972, Jean-Marie Deceuninck, entraîneur de l’équipe senior dresse le bilan suivant :
« Aux seniors, je dirai le plaisir que j’ai eu de voir une équipe de 20 ans de moyenne d’âge terminer 4e avec seulement six défaites
en dix-huit matchs et se poser pour beaucoup en favorite pour 1973 ».
Le déclic Nita :
L’ambition est donc clairement affichée : accéder à la division supérieure, la Nationale 3. Pour cela, l’A.L.D dispose d’une équipe très
jeune mais qui manque non seulement d’un leader mais aussi d’expérience et de rigueur. L’arrivée en mai 1973 de l’international français André Nita va alors servir de déclic. Ce dernier vient à
Dunkerque avant tout pour des raisons professionnelles. Il vient en effet de décrocher le diplôme de moniteur d’éducation physique et cherche un poste où exercer. A cette époque, la pratique du
handball, même au plus haut niveau ne permet pas de vivre : les joueurs doivent travailler et s’entraîner le soir. Les internationaux ne bénéficient même pas d’un régime de faveur : seules leurs
pertes de salaire résultant des stages et matchs en équipes nationales sont compensées. A Dunkerque, non seulement André Nita trouve un poste de moniteur, mais en plus il connaît le club et est
séduit par le projet de mener les jeunes joueurs vers les sommets. C’est donc presque naturellement qu’il intègre le club en tant qu’entraîneur de l’équipe première pour la saison 1973-1974, puis
comme joueur entraîneur la saison suivante.
André Nita International français, l’arrière droit de Billy-Montigny rejoint l’A.L.D. en mai 1973 en qualité d’entraîneur. Il reste
joueur une saison supplémentaire à Billy, club avec lequel il atteint en 1973 les demi-finales du championnat de France, niveau de nouveau atteint en 1974. A partir de 1974-1975, il devient
joueur à part entière de Dunkerque. De ce fait, sa carrière internationale s’arrête car il n’évolue plus à un niveau suffisant pour maintenir le rythme requis par les joutes internationales. De
1968 à 1973, il aura connu 50 sélections et participé au championnat du monde en 1970.
Au terme de la saison 1973-1974, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous puisque les garçons terminent seulement 8e de leur
poule. Mais, à partir de septembre 1974, l’équipe va enchaîner deux ans de victoires, ne perdant qu’un match de championnat et un de coupe de France, et ainsi connaître deux montées pour passer
de l’excellence régionale à la Nationale 2. La présence d’André Nita en tant que joueur est l’une des explications. Non seulement sa présence sur le terrain donne confiance et galvanise ses
partenaires mais la plupart des équipes sont incapables d’arrêter l’international qui dispose d’une palette technique et d’un physique façonnés par le plus haut niveau.
Il faut apprécier aussi l’apport d’André Nita au niveau de l’entraînement et sur le plan tactique. A son arrivée, il constate que les
joueurs manquent de rigueur sur le plan physique : pas de temps d’échauffement prévu avant les matchs et entraînement physique quasi inexistant. Des séances de footing sont alors mises en place
ainsi que des stages d’avant-saison. Ainsi, pour préparer la reprise en 1974, les joueurs doivent suivre un programme de travail pendant les vacances : deux footings hebdomadaires et la pratique
d’une activité sportive autre que le handball. A cela s’ajoute un stage de deux jours à Blendecques basé principalement sur le travail physique, expérience qui sera reconduite chaque année. Des
rencontres contre des équipes françaises et étrangères, réputées plus fortes, sont également programmées pour préparer la saison : Rokykany (Tchécoslovaquie) en 1976 ou Odense (Danemark) en 1977.
Un effort est aussi demandé aux joueurs sur l’assiduité aux entraînements qu’il faut concilier avec un travail ou les études : progressivement, le rythme passe de deux à trois séances
hebdomadaires. A titre de comparaison, en 1976, les Tchèques de Rokykany s’entraînent 10 heures par semaine contre 4 pour les Dunkerquois. Sur le plan tactique, André Nita élargit et propose de
nouvelles combinaisons face auxquelles les entraîneurs adverses ont du mal à trouver la parade. Il est d’ailleurs assez intéressant de noter que la seule défaite que connaît l’U.S.D. en 1974-1975
est concédée à Béthune, entraînée par Jean-Louis Herbet, futur entraîneur dunkerquois.
Par Les amis de l'usdk
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